La RATP, son passe Navigo...

La RATP persiste et signe : d’une part son Pass Navigo, qui institue le fichage de tous les abonnés en remplaçant la carte orange par Navigo ; et d’autre part pour sa communication qui, si elle n’a pas un lien direct avec le fichage, n’en reste pas moins de la "novlangue" tout craché...

Vainqueur d’un Orwell lors de l’édition 2001 des BBA, renominé ensuite en 2002 et 2004, la RATP est une multi-récidiviste dès qu’il s’agit de son pass Navigo.

Navigo vous fiche et vous trace, c’est obligé

Navigo va remplacer la carte orange. Cela ne sera pas un choix, mais une obligation, puisqu’on arrête pas de nous dire par haut-parleur interposé « La carte orange disparaît ».

Ceci implique donc de-facto l’identification obligatoire de tous les abonnés, ceci au détriment des recommandations de la CNIL.

Une visualisation des spécifications du système permet de voir qu’ils ont obtenu l’autorisation de non seulement centraliser toutes les informations mais aussi de :
- pouvoir bel et bien savoir qui est passé quand et où (on peut faire un système anti-fraude ou statistique sans être nominatif) ;
- stocker toutes ces informations pendant 48 heures.

On peut facilement imaginer de joyeux applicatifs comme par exemple faire un recoupement entre différents groupes de personnes se rendant à différents points de rendez-vous de manifestations pour repérer les plus contestataires, etc.

La notion de stockage pendant 48 heures fait rire jaune tant il est évident qu’une autorité tel que le ministère de l’intérieur n’aura aucun soucis à obtenir un archivage plus long, officieusement ou même officiellement, juste après le prochain attentat lambda en Europe.

Pourtant, en décembre 2004, le STIF (regroupant tous les opérateurs de transports présente en Ile de France) nous avait bien promis l’existence d’une carte « non personnalisée ». Début 2007, essayez d’aller dans une agence pour demander un pass Navigo sans avoir à fournir noms ou compte bancaire : on va vous prendre pour un fou.

Et quand Navigo se pilote sur Internet...

Un internaute a pu consulter des données concernant plus de 1 000
utilisateurs du passe Navigo. Le site est fermé pour le moment
..

Voir aussi le papier de Que Choisir (31/08/06) : "Données privées - La sécurité déraille". Un problème de protection des données sur le site Internet de la RATP a permis tout cet été à n’importe qui d’accéder à des centaines de formulaires pré-remplis. La régie était au courant, mais n’a rien fait.

Conditions générales d’utilisation du passe navigo pour la carte orange extrait de http://www.comutitres.fr/documents/...

6 - INFORMATIONS RELATIVES
AUX DONNÉES PERSONNELLES
6-1 Les données collectées font l’objet d’un traitement automatisé
...(ces données personnelles)...peuvent être communiquées à des fins de gestion à un sous-traitant
situé dans un pays tiers non-membre de l’Union
Européenne.

...Toute personne concernée par le traitement dispose :
- a) d’un droit d’accès, d’interrogation et de rectification qui lui
permet, le cas échéant, de faire rectifier, compléter, mettre à
jour, verrouiller ou effacer les données personnelles la concernant
qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou
dont la collecte, l’utilisation, la communication ou la conservation
est interdite ;
- b) d’un droit d’opposition :
- au traitement de ces données, pour des motifs légitimes ;
- à ce que ces données soient utilisées à des fins de prospection ;
- à la conservation sous forme numérisée de sa photographie :
dans ce cas une nouvelle photographie est demandée chaque fois
qu’une refabrication du passe Navigo est nécessaire.

« Un métro plus accueillant, plus beau, plus neuf »

Commencée avant l’an 2000 avec ses prestigieuses « neuf stations du centenaire », l’opération de rafraîchissement des stations du métro continue six ans après, pour un résultat plus que discutable, Ceci sous le couvert d’une communication qui, au vu du résultat obtenu fait hésiter entre la méthode Coué (pour les plus optimistes) ou la Novlang (pour les plus observateurs)

« Un metro plus accueillant »

- Des stations fermées pendant plusieurs mois, alors que pour certains cas, il ne s’agissait que du rafraîchissement de stations complètement refaites moins de dix ans plus tôt (Saint-Ambroise, par exemple), Ces réfections totales ayant à l’époque été faites sans aucun jour de fermeture, Il est vrai que le siècle dernier, la culture de la RATP était encore celle du service public, alors que maintenant il s’agit plutôt de celle de la rentabilité,,,
- La réduction drastique, quand ce n’est pas la quasi-suppression, des sièges sur les quais, But (inavoué, bien sûr) écarter les SDF, mais avec des dommages collatéraux importants : comparez le nombre de personnes assises sur un quai "normal" par rapport au nombre de sièges disponibles sur certains autres quais (quai ligne 13 à Saint Lazare par exemple) vous compredrez vite qu’il y a quelque chose qui ne va pas.. Et on ne parle pas des personnes prises de malaise qu’on doit allonger à même le sol, car le seul siège existant sur le quai est à plusieurs dizaines de mètres,,,
- Commencée par des stations « expérimentales » (Hôtel de Ville , par exemple) pour lesquels nous n’avons jamais vu les avis des utilisateurs quant à ces expérimentations, mais dont un simple soupçon d’intelligence au regard des panneaux d’informations laissait penser que de toutes façons celle-ci serait jugée positive par la RATP : la transformation de points de vente en simples points d’information, La simple preuve que cette expérimentation devrait être considérée comme étant un échec est le nombre constant de gens faisant la queue aux points d’information pensant qu’ils se retrouveront devant quelqu’un pouvant leur vendre un ticket,,, Au client donc de se débrouiller pour avoir la monnaie nécessaire pour en prendre un ticket au distributeur (non, toutes les stations ne sont pas pourvues d’un convertisseur billet->pièces), Et n’espérez pas renouveler votre coupon de carte orange si vous payez par chèque (ah, oui, c’est vrai, bientôt on n’aura plus à faire de chèques pour renouveler sa carte orange, puisqu’on aura tous une Navigo et qu’on devra soit payer par carte bleue au distributeur automatique, ou être en prélèvement automatique),,,

« Un métro plus beau »

Alors que l’opération avait débuté par l’embellissement très médiatique de quelques stations, elle a continué dans une monotonie de plus en plus criante lorsque que toutes les stations possédant des carrelages de motifs de couleurs (Saint-Lazarre, Gare de l’Est,,,) ou les revêtements en tôle jaune se sont retrouvées avec le même carrelage blanc, Monotonie ne facilitant pas la reconnaissance des stations pour les voyageurs auparavant habitués à les identifier en un clin d’oeil au dessus de leur journal,,,
Pourquoi ne pas avoir profité de ces rénovations pour, au contraire, étendre ce principe de carreaux multicolores à d’autres stations, ce qui était par ailleurs très probablement le moyen le plus économique pour obtenir des stations ayant leur propre "identité" ?

« Un métro plus neuf »

Il est étonnant de voir que certaines stations fermées pendant plusieurs mois n’ont pas vu la moindre réfection du carrelage des quais, certaines n’ayant même pas eu droit à un simple nettoyage de celui-ci au « Kärcher » (Rue des Boulets, par exemple,,,)

P.-S.

- A visiter par exemple : (court résumé)
http://moutons.karma-lab.net/node/1000

- L’art 7.2 des conditions générales d’utilisation du passe navigo pour la carte orange renvoie sur ce site :
http://www.comutitres.fr/pages/accueil/. Dont la 1er phrase est : " La lutte contre la contrefaçon est l’affaire de tous. " Tel est le message véhiculé par la campagne d’information nationale diffusée par le gouvernement afin de lutter contre la contrefaçon. Dans le secteur des transports, le meilleur moyen pour lutter contre la contrefaçon de faux billets et la fraude est de recourir à la télébilletique.

- Voir également la gestion calamiteuse des données personnelles des voyageurs http://www.quechoisir.org/Article.j...