La Préfecture de la région Centre

Le prefet Bernard Fragneau, et son secrétaire général Michel Bergue, se sont distingué par leur zèle invétéré à appliquer la politique d’expulsion de Nicolas Sarkozy, notamment dans l’affaire d’une jeune marocaine qui a été privée de ses droits après avoir porté plainte pour violences à son encontre...

Désavoué publiquement par le président de la République, le préfet de la région Centre, Bernard Fragneau, a présenté sa démission au chef de l’Etat. Le 20 février, il avait expulsé Najlae Lhimer, Marocaine de 18 ans qui s’était présentée, le visage tuméfié et le corps couvert d’ecchymoses, à la gendarmerie de Châteaurenard pour porter plainte contre les violences de son frère aîné. C’était l’application stricte des consignes de M. Sarkozy qui fixe à chaque préfet, à l’unité près, sa quantité annuelle d’étrangers à expulser.

La décision du préfet d’Orléans a été successivement approuvée par M. Supplisson, adjoint au maire de Montargis, conseiller régional et directeur-adjoint du cabinet de M. Besson, avec beaucoup d’élégance par Madame Morano, ministre en charge de la condition féminine, lors du débat sur les violences faites aux femmes à l’Assemblée nationale et, avec sa classe habituelle, par le ministre Besson dans Le Monde.

Pourtant, le 8 mars, inquiet de la vague de protestations suscitée par cette décision implacable, le président de la République annonçait autoriser le retour de Najlae, un camouflet public infligé au préfet Fragneau et aux ministres Morano et Besson. A la différence des ministres concernés et de quelques autres, M. Fragneau en a tiré les conséquences.

Outre la démission de son préfet, la région Centre présente la particularité de sembler le laboratoire de la politique migratoire de M. Sarkozy, d’abord comme ministre de l’Intérieur puis comme président de la République. En ce domaine, le chef d’orchestre à Orléans semble être le secrétaire général, M. Bergue, à ce poste depuis 2004, sous quatre préfets différents.

De nombreuses innovations ultérieurement reprises partout en France paraissent avoir été prises à son initiative : refus de dépôt de demande d’asile, refus au guichet, expulsion avant tribunal administratif, procédure collective de traitement de dossiers, refus de régularisation contre l’avis du tribunal, placement de nourrisson en rétention, laissez-passer établis par les services préfectoraux, démembrement de familles par l’expulsion d’un père ou d’une mère, non respect des doits des femmes victimes de violence conjugales ou familiales… Le secrétaire général est un chercheur, une sorte d’intellectuel !

Comuniqué RESF mars 2010 :
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L’Express :
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