Hervé Masurel, délégué interministériel à la ville

Pour son zèle à faciliter le déploiement massif de la vidéosurveillance

Après avoir été préfet de Haute-Saône, Hervé Masurel a été nommé « préfet délégué à l’égalité des chances » auprès du préfet de Seine-Saint-Denis le 11 janvier 2006, peu après les « émeutes » de novembre 2005. Son objectif immédiat, affirmait-il, serait d’accélérer la mise en place des « équipes de réussite éducative » pour aider les élèves en dehors du temps scolaire. Il n’en a eu guère eu le temps.

Six jours plus tard, un décret était pris, toujours en Conseil des ministres, pour instituer un Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD). Avec pour Secrétaire général ... le même Hervé Masurel, nommé « préfet hors cadre » pour la circonstance. On ne saurait mieux confirmer la perspective sécuritaire dans laquelle s’inscrivait implicitement le mythe inoxydable de l’« égalité des chances » sous la pression des circonstances.

Chapeautée par le préfet Masurel, cette soi-disant politique de prévention va servir une fois de plus d’alibi pour faire franchir un pas supplémentaire dans la mise en place de la société surveillance. Lors d’un colloque « Vidéo : prévention, protection, surveillance ? » organisé par le Forum français sur la sécurité urbaine (FFSU structure permanente qui regroupe toutes les patries prenantes du maintien de l’ordre dans la ville), Hervé Masurel expliquait que la Loi d’orientation et de programmation sur la Sécurité intérieure (LOPSI) pourrait donner la possibilité au secteur privé de visionner les images : « Notre idée est de confier cette fonction, aujourd’hui dévolue à la police municipale, à des opérateurs privés ». « Ce qui suppose un agrément », c’est-à-dire une autorisation du préfet du département concerné, croyait-il bon de préciser.

Autre mesure envisagée, le rallongement de la durée minimale de conservation des données ou encore le raccordement aux centres de supervisions des systèmes installés dans les transports ou les centres commerciaux. H. Masurel a indiqué qu’un décret était en cours d’élaboration dont l’objectif était notamment de « simplifier les modalités administratives d’installation dès lors que le système comporte moins de huit caméras ». Il signalait également que plusieurs expérimentations locales devraient être menées d’ici la fin de l’année pour cartographier le réseau de vidéosurveillance.

La ministre Alliot Marie, lors du discours prononcé pour l’installation de la Commission nationale de la vidéosurveillance confiée à Alain Bauer, a publiquement remercié le préfet Hervé MASUREL pour "son investissement personnel". Et annoncé que le CIPD jouerait « un rôle majeur de mise en œuvre » en assurant « l’ingénierie administrative et financière de la politique choisie ». Et pour cause, c’est le fond interministériel de prévention de la délinquance qui doit contribuer au financement de milliers de caméras supplémentaires sur la voie publique.

En remerciement de ses bons et loyaux services, Hervé Masurel a récemment été nommé délégué interministériel à la ville. Où il pourra, sans nul doute, déployer encore plus de caméras.