Frédéric Lefebvre, député et porte parole de l’UMP

Pour son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses...

Le député des Hauts de Seine, Frédéric Lefebvre, ne cesse depuis qu’il est porte parole de l’UMP, de se faire remarquer... pour son ignorance, ses amalgames grossiers, et sa novlangue récurrente mis au service d’un gout immodéré pour le contrôle en général, .

Episode 1 : "On dit que"

Evoquant dans une interview à 20 Minutes le rapport Varinard sur la justice des mineurs, il se dit en faveur de la responsabilité pénale dès 12 ans car « En 1945, un mineur sur 166 était mis en cause dans une affaire pénale, aujourd’hui c’est un sur trente, il faut réagir »
Mieux, il remet sur le tapis la question de la détection précoce des comportements : « Moi, je souhaite qu’on aille même sans doute un peu plus loin... Cela a été dans beaucoup de rapports. On dit qu’il faut le faire dès l’âge de trois ans pour être efficace » (...) Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire », (...) « quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu’il a un comportement violent, c’est le servir, c’est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite ».

Rappelons que cette question de la détection précoce de la délinquance dès la maternelle, contenue dans les fameux rapports du député Benisti et celui de l’Inserm, avait levé un tollé dans le milieu de la recherche et de l’éducation et valu à leurs auteurs d’être distingués aux BBA.

Dans le genre manipulation des masses, il arrive à égaler les meilleurs propagandistes. Ainsi avec les chiffres du chômage (De source sure, 26 février 2009).

Episode 2 : Lefebvre et le Web 2.0

Lefebvre expert es’ Internet ? Son passage sur BFM TV en a fait la risée du net. A la question c’est quoi le web 2.0, il bafouille : « l’Internet d’aujourd’hui, Ce sur quoi surfent tous les Français, moi comme les autres. ". Le journaliste insistant, il ne sait que répéter "l’Internet d’aujourd’hui".

Cette ignorance ne l’avait pas empêché en décembre 2008 de demander dans une magistrale déclaration à l’Assemblée un contrôle du CSA sur le Web : « L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? […] Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. »

Quelques mois plus tard, il réitère en demandant l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les sites de vidéo en streaming.

Le décryptage de ses propos par Maitre Eolas est la fois plaisant et révélateur des lacunes et des approximations du député. En résumé :
- Que voulez-vous ?
- Une commission d’enquête.
- Mais il y a déjà une loi.
- Alors je veux changer la loi.
- Mais elle implémente une Directive, et puis il y a une dimension internationale.
- C’est pour cela que je demande un G20 du Net. De la même façon qu’on fait la chasse aux paradis fiscaux à l’échelle mondiale, il faut faire la chasse aux dealers du Net. Il y a une dimension nationale et internationale à cette affaire.

Episode 3 : l’amendement qui tue !

En février 2008 toujours, Lefebvre remonte au créneau et dépose un amendement au projet de loi audiovisuel, qui combine à peu près tout ce qu’internautes, fournisseurs et e-marchands ont combattu depuis des années. Son texte prévoit de donner au CSA des pouvoirs de contrôle sur les sites Internet de partage de vidéos et d’information, qui seront taxés au bénéfice des producteurs de télévision et de cinéma. Il veut également labeliser les sites qui respectent les réglementations du CSA, et bloquer les autres sites grâce aux filtres imposés chez les abonnés à Internet par la future Hadopi. Tout celà sous couvert de défendre la veuve et l’orphelin. Exemple d’argument novlangue "certains contenus audiovisuels véhiculent un climat de violence, d’agression et banalisent la sexualité et la pornographie...Les jeunes, grands utilisateurs d’écran, sont ainsi régulièrement exposés à ces images et gèrent cette consommation d’autant plus seuls qu’ils circulent dans ce flot d’images avec beaucoup plus d’aisance que leurs parents, souvent démunis face aux nouvelles technologies."

Au secrétariat d’état au numérique, il aurait fait un malheur !