Eric Besson, ministre de l’Immigration

Pour avoir durci les quotas d’expulsions, refusé de mettre à l’abri des poursuites les personnes qui aident les migrants, et pour vouloir contourner le juge des libertés afin de bafouer les droits des migrants lors de procédures d’expulsion expéditives.

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Printemps 2009 : Besson n’a jamais cessé de réprimer l’aide des bénévoles aux personnes migrantes. Lettre d’une coalition d’ONG sur son double langage et ses manipulations :
« Nous demandons, pour mettre un terme à la confusion, que la loi soit mise en conformité avec la directive européenne qui distingue ceux que motivent la solidarité humaine et ceux qui exploitent l’inhumanité du sort réservé aux sans papiers. »
- l’ensemble des pièces à charges du collectif

Janvier 2010 : Eric Besson a profité de ses vœux à la presse pour faire le bilan de son action à la tête de son ministère. Quelque 29 288 clandestins ont été renvoyés dans leurs pays en 2009, soit 1,7% de moins qu’en 2008 mais plus que l’objectif assigné par Nicolas Sarkozy de 27 000 reconduites à la frontière.
- LeJDD.fr

Mars 2010 : Le ministre de l’Immigration a déposé un projet de loi, au prétexte de la transposition de directives européennes, pour une nouvelle réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers (Ceseda) – la cinquième depuis 2002 –, qui constitue un nouveau durcissement de la politique de l’immigration : diminution des garanties procédurales des migrants, nouvel allongement de la durée de rétention, instauration de « zones d’attente flottantes », interdiction de retour...
- La suite sur LDH Toulon
- France Terre d’Asile réagit à l’expulsion arbitraire de réfugiés kurdes en Corse, affaire qui va inciter le ministre à modifier la loi pour mieux la contourner !

C’est sous son règne qu’a vu le jour le fichier OSCAR-OFII (pour « Outil de statistique et de contrôle de l’aide au retour relevant de l’Office français de l’immigration et de l’intégration »), relatif aux étrangers bénéficiaires du dispositif d’aide au retour, et contenant des données biométriques (Journal officiel du 28 octobre 2009).
- analyse juridique +France Terre d’asile .

L’OFPRA — qui dépend directement des services de Besson — viole la vie privée de demandeurs d’asile reconduits dans leur pays d’origine, en communiquant leur dossier aux autorités, selon une question écrite d’avril 2010 :

« Mme Michèle André attire l’attention de M. le ministre de l’immigration ... sur les conditions de retour dans leurs pays d’origine après une expulsion de personnes étrangères. Elle a en effet eu connaissance d’un cas où deux personnes ont été raccompagnées dans leur pays sous escorte policière. Ladite escorte disposait, lors de la remise de ces personnes, de l’intégralité du dossier OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) afin de le remettre à l’administration du pays d’origine. ... quelles sont les conséquences dans certains pays du retour de tels documents pour les personnes qui ont fait une demande d’asile pour quelque raison que ce soit auprès de la France. La demande d’asile formulée par un opposant au régime en place va conduire à ce qu’il se retrouve plus persécuté encore dans le pays où la France le reconduit. »
- publiée dans le JO Sénat du 15/04/2010 - page 931

Enfin, et alors qu’il était candidat à la présidence, Nicolas Sarkozy avait déclaré, le 7 avril 2007 : "Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. Il faut mettre les droits de l’homme au service des droits de la femme dans le monde." Alors que la lutte contre les violences faites aux femmes a été désignée, par François Fillon, “Grande Cause nationale 2010“, des témoignages, collectés par l’”Observatoire pour l’accueil des demandeurs d’asile” (OASIS), lancé par trois associations d’accueil de migrants (CCPS, Cimade et l’UCJG-Robert Monnier), révèle qu’en France, le fait d’être violée ne peut servir d’argument lors d’une demande d’asile, parce que “la persécution des femmes ne relève pas du champ du politique“, mais de “leur vie privée“…
- Le viol des réfugiées “relève de leur vie privée”