Edvige et Cristina même combat

Les BBA France demandent l’abandon des fichiers Edvige et Cristina et soutiennent sans réserves les recours en annulation déposés à la fin du mois d’août au Conseil d’Etat contre ces deux fichiers de contrôle social et politique créés le 1er juillet par la nouvelle direction du renseignement intérieur (DCRI).

Le secret total entourant la mise en oeuvre de Cristina — visant a priori des personnes menaçant la « sécurité nationale » tandis qu’ Edvige se contente de cerner celles menaçant « l’ordre public » — nous inquiète particulièrement.

Le fait que l’état se réfugie derrière le fait que ces fichiers existent déjà n’est en rien une réponse. Ils existent dans une opacité et absence de contrôle, que le débat autour d’Edvige et Cristina, permet justement de dénoncer et de lever.

Certains peuvent trouver « légitime » que l’Etat constitue un fichier sous couvert de mesure « antiterroriste », sans en révéler ni les données collectées, ni les durées de conservation. Mais cette position implique d’accepter que la transparence puisse constituer en elle-même une « menace » pour l’Etat, alors qu’elle est l’unique garantie de la démocratie contre l’arbitraire.

Abandonner Edvige en fermant les yeux sur Cristina ne règlerait pas le problème. Si l’existence ou les données d’Edvige sont remises en cause, qu’est-ce qui empêchera les agents du renseignements d’utiliser l’opaque Cristina pour ficher les militants et les responsables associatifs ? Quelle différence entre « troubles à l’ordre public » et « menaces pour la sûreté nationale », les services de renseignement pouvant allègrement passer de l’un à l’autre puisque les conditions d’entrées dans Cristina sont, là encore, secrètes, et que la CNIL n’a pas de pouvoir de contrôle a posteriori sur ce fichier.

Vous trouverez ci-dessous les deux recours déposés par une dizaine d’associations et d’ONG, ainsi qu’une vraie-fausse « fiche Edvige » que nous vous encourageons à faire suivre et à distribuer autour de vous. Elle reprend, sous forme humoristique, ce que donnerait une fiche individuelle, et encourage le public à « faire le travail de la police ». Une opération de sensibilisation autour de cette fiche aura avoir lieu prochainement au sein du collectif, par exemple lors du 16 octobre, jour de la Sainte Edvige...

- Facilitez le travail de la Police, remplissez vous-même votre fiche Edvige
- Recours contre Edvige
- Recours contre Cristina

(Recours déposé par les associations Aides, Inter-LGBT, Iris, Collectif contre l’homophobie, CFDT, CGT, FSU, LDH, Union syndicale Solidaires, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature.)

Si vous rencontrez des difficultés à accéder au site de la pétition http://nonaedvige.ras.eu.org, vous pouvez télécharger une version imprimable (PDF) pour la faire circuler manuellement. Signatures à retourner (de préférence avant le 10 octobre) au collectif "Non à EDVIGE", c/o LDH, 138 rue Marcadet, 75018 Paris.

P.S. - Nous encourageons tous les citoyens scandalisés par l’affaire Edvige à signer également la pétition demandant l’abandon du fichier ADN (FNAEG), qui est lui aussi un instrument de contrôle social pouvant porter sur de simples suspects, personnes mineures et militants associatifs et syndicaux, menacés à nouveau et de manière continue pour simple « refus de prélèvement » (cf les arguments du collectif Refus ADN).