Direction de Canal Plus

Affaire Kaehlin : une surveillance très policière a été organisée en 2002 au sein de la chaîne visant certains salariés

Un livre de l’ex-agent de la DGSE Pierre Martinet affirme qu’il a excercé chez Canal+ la fonction de fouille-merde pour le compte de la direction visant notamment l’auteur et agitateur Bruno Gaccio.

La presse va ensuite désigner le présumé conmanditaire : Gilles Kaehlin, patron des "services généraux".

Dans un communiqué de deux phrases, Canal + a annoncé que Gilles Kaehlin « vient de faire connaître son souhait de démissionner de ses fonctions afin de pouvoir répondre librement et pleinement aux attaques dont il est l’objet ».

Devant de telles accusations, la chaine préfère larguer son directeur (qui démissionne) mais ne porte pas plainte contre X pour autant, n’entame pas de procédures particulières pour faire la lumière sur ces accusations qui mettent clairement sa responsabilité en jeu.

Après sa démission, Kaehlin déclarera au Monde du 15 Mai 2005 : "Pierre Martinet prétend qu’une embuscade contre Bruno Gaccio avait été planifiée... On tombe dans le grand guignol. Martinet est cinglé et on le prouvera. Bientôt, il dira qu’on voulait assassiner Gaccio ! Je l’ai vu en tout quatre fois dans ma vie. Le fait qu’il se soit déplacé dans le Sud ne prouve rien. Si on avait planifié cela, vous croyez qu’on aurait demandé à Martinet de payer son déplacement avec la carte bancaire de la chaîne ? Si j’avais monté une telle opération, je me serais adressé à des supplétifs, à des gens étrangers à la chaîne. Sinon, en cas de problème, on est foutu. Je prouverai que Martinet a fait ça de sa propre initiative, peut-être par fascination envers Bruno Gaccio."

Extrait Libé 15/05/05 : "Depuis la publication du livre, d’autres noms de salariés sur lesquels Martinet avoue avoir « travaillé » sont apparus : Alex Berger, ancien bras droit de Pierre Lescure (viré en 2000), Bruno Thibaudeau, patron de Multithématiques (Libération du 2 mai 2005) et aussi Michel Rocher, ancien directeur technique de Studio Canal Image. Licencié en 2003 pour « faute lourde », Michel Rocher a toujours eu le soupçon d’avoir été l’objet d’une surveillance de la part de Gilles Kaehlin. Martinet lui a avoué avoir été celui qui le filait. Lundi, Gilles Kaehlin a tout démenti en bloc et attaqué l’auteur du livre en justice. Son adjoint, Gilbert Borelli, a fait de même."

"Pourtant, un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a confirmé à ses supérieurs des informations parues dans le livre : il a bien remis à Pierre Martinet, sur instruction de Gilbert Borelli, la « fadette » de Bruno Gaccio. La « fadette » ­ pour facture détaillée ­ recensait, en 66 pages, tous les appels reçus et émis sur son portable entre mai et juillet 2002. Pratique totalement illégale qui a déclenché, en fin de semaine dernière, une enquête administrative de l’IGPN ­ la police des polices" De source policière, on indique que « les déclarations du fonctionnaire confirment son implication personnelle et individuelle dans l’affaire »."

Information du Point : "en novembre 2002, la brigade des stupéfiants de Paris aurait mis le portable de Gaccio sous surveillance... avant de laisser tomber parce que, écrit l’hebdo sans mentionner Kaehlin ­ « les accusations portées de façon anonyme contre Gaccio étaient un tuyau percé »."

Quelques mois plus tard l’ex-agent a été mis en garde à vue pour avoir dans son livre révélé des secrets d’état.

A noter que la justice est saisie suite à la painte de Gaccio : on ne connait pas encore exactement qui a été commanditaire de ces actes, et qui a pu les couvrir au sein de la chaîne.

P.-S.

- Livre de P. Martinet, "Un espion sort de l’ombre" (sortie mai 2005)
- Le Monde et Le Parisien du 3 mai 2005
- Libération du 4 mai 2005 (et suiivants).