Ariel WIZMAN

Pour avoir prêté sa voix à une sorte de « Ministère de la vérité » afin d’intimider les utilisateurs de réseaux peer to peer.

Explications : le journaliste-animateur Ariel Wizman a offert sa voix au ministère de l’Industrie pour sa campagne de fichiers-leurres destinée à intimider ceux qui pratiquent le téléchargement de musique sur les réseaux peer to peer.

Planqué dans les fichiers musicaux, le message distillé est le suivant : « Ceci est un message d’information du ministère délégué à l’Industrie. Vous venez de tenter de télécharger un fichier musical protégé. Ce faisant, vous faites courir des dangers non seulement aux artistes et à l’industrie musicale, mais aussi à vous-même. Vous pouvez facilement être identifié et poursuivi devant la justice par les ayants droit ; vous risquez aussi d’attraper un virus informatique. »

Wizman affirme aujourd’hui ne pas être d’accord avec l’industrie du disque et son message, digne du ministère de la Vérité.

Il y a de quoi. Aujourd’hui, aucune loi ne rend le téléchargement illégal ; il est plutôt assimilé à de la copie privée. Rien ne prouve non plus que l’industrie ait à souffrir du peer to peer. Des études tendraient même à prouver le contraire.

Ariel aurait dû réfléchir...

P.-S.

- Libération, 6 janvier 2004 : « Ariel Wizman, le moralisateur ridiculisé »

http://www.liberation.fr/page.php?Article=266162&AGe

Extraits : « J’ai été un peu con, j’ai accepté... »

« L’animateur Ariel Wizman trouve « casse-couille » d’être devenu icône de la lutte antipiraterie en donnant sa voix au ministère de l’Industrie : « C’est le ministère qui m’a proposé. J’ai été un peu con, j’ai accepté sans réfléchir, je ne pensais pas que ce serait autour de mon image. Je ne suis ni pour ni contre. Je ne suis certainement pas du côté des majors du disque, il ne faut pas me prendre pour Pascal Nègre [le patron d’Universal Music France, ndlr]. J’ai demandé au ministère de faire un communiqué disant que j’ai fait ça gratuitement et que je suis résolument et férocement antirépression. La politique de l’exemple [menée par les maisons de disques qui poursuivent les internautes en justice, ndlr] est déplorable. Mais j’assume, ce n’est pas comme enregistrer un message pour le Front national : ce n’est pas scandaleux que les artistes veuillent être rémunérés. »