Appel à mobilisation nationale contre les écrans publicitaires numériques

Nous relayons l’appel à mobilisation nationale contre les écrans publicitaires numériques, lancé par l’association R.A.P (Résistance Agression Publicitaire).

Car ces écrans publicitaires, en plus de constituer une pollution visuelle (luminescence aux limites légales de l’inconfort visuel), mentale et énergétique, étaient pressentis pour être équipés d’émetteur bluetooth et envoyer des publicités ciblés aux passants ainsi que de deux caméras traquant leur comportement. Finalement la RATP avait dû renoncer à installer ce dispositif devant les oppositions. Les panneaux mis en fonction depuis comportent pourtant des petites lucarnes pouvant permettre une installation future de dispositifs vidéos.


En 2009, suite à l’installation des premiers écrans publicitaires "Numéri-Flash" dans le métro parisien, Privacy France ainsi que 4 autres associations (Résistance à l’agression publicitaire, Souriez vous êtes filmés, Robin des toits et Le Publiphobe) avaient assigné en justice la RATP, sa régie publicitaire Métrobus (filiale de Publicis et JCDecaux), ainsi que la société Majority Report* pour violation de la législation sur la vidéosurveillance.

Si on compte aujourd’hui plus d’un milier de ces écrans dans le métro parisien, l’action avait permis de faire reculer leurs promoteurs sur l’activation des émetteurs et caméras, et retardé un temps le déploiement massif des panneaux numeriflash.

Pour contester et freiner cette prolifération, mobilisons-nous le 26 avril prochain à Paris lors du Festiv’halte aux écrans publicitaires et dans toute la France.

Privacy France

* Majority Report était une startup propulsée par Publicis pour élaborer le système vidéo d’analyse faciale des réactions de passants devant les publicités diffusées sur les écrans. Après la mobilisation, la société avait changé subitement d’adresse et on la retrouve aujourd’hui sous le nom de Eikeo.

Communiqué de l’association R.A.P (Résistance Agression Publicitaire)

Appel à mobilisation nationale contre les écrans publicitaires numériques le 26 avril 2014

En France, le Grenelle 2 a officialisé et assoupli la réglementation encadrant les écrans publicitaires. Leur taille peut aller jusqu’à 50 m². Le gouvernement Valls ré-ouvrira d’ici peu le dossier catastrophique du Grenelle du paysage dans le cadre d’une loi sur la biodiversité.

Pour nous, la lutte contre les écrans publicitaires numériques est primordiale. Ces écrans constituent une triple pollution :

- Pollution visuelle : L’œil humain est attiré par ces écrans animés et la lumière qu’ils émettent. Ils devraient donc être considérés comme une source de danger pour la sécurité routière détournant l’attention des automobilistes.

- Pollution énergétique : À l’heure où les prix de l’énergie augmentent et où les citoyens doivent se serrer la ceinture en conséquence, les publicitaires poursuivent eux un gaspillage énergétique sans précédent, peuvent assécher les dernières gouttes de matières premières, rejeter toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et peser dans la création de nouveaux déchets radioactifs.

- Pollution mentale : Notre cerveau est désormais gavé avec un entonnoir publicitaire. Ces dispositifs auxquels il devient quasi-impossible d’échapper nous imposent des messages aux images et aux normes agressives et néfastes. Quand s’arrêtera cet asservissement idéologique et mental des masses ?

Les afficheurs, avec la complicité bienveillante des politiques, cherchent à nous placer devant le fait accompli. Dans le métro parisien, si la tentative d’équiper les écrans de capteurs Bluetooth a été officiellement abandonnée, le projet d’activer les caméras pour analyser les passants est en revanche toujours d’actualité. Médiatransport, la régie de la SNCF et de la RATP attend que les citoyennes et citoyens soient habitués aux écrans pour activer les caméras de surveillance publicitaire déjà présentes dans les écrans. Ces expérimentations parisiennes ne sont que le début d’un déploiement national.

Ces écrans s’ajoutent partout aux dispositifs existants, constituant une véritable invasion publicitaire. Saturant nos champs de vision, défigurant nos espaces de vie. Il est important de réagir maintenant, avant qu’ils ne soient installés en masse, et que le mal ne soit fait.

Nous appelons les citoyennes et les citoyens à se mobiliser le 26 avril 2014 pour manifester contre cette invasion.

Associations signataires de l’appel :
- Agir pour l’Environnement
- Amis de la Terre
- Attac France
- Bizi
- Collectif des Déboulonneurs
- Collectif des Reposeurs
- Collectif havrais d’Objecteur de Croissance
- CLCV Paris (Consommation, logement et cadre de vie)
- Église de la Très Sainte Consommation
- Mouvement des Objecteurs de Croissance
- Paysages de France
- PRIARTéM
- Privacy France
- Réseau Action Climat
- Réseau École et Nature
- Réseau Sortir du Nucléaire
- Résistance à l’agression publicitaire