Amaury Mestre de Laroque, journaliste à Marianne.fr

Pour avoir, à plusieurs reprises, mis en danger la Neutralité du Net en écrivant tout et n’importe quoi sur l’Internet, refuge d’amateurs de nécroporn et autres utilisateurs de TOR trafiquants de cachets et de numéros de carte bleue.

Sous le titre racoleur "Plongée dans l’Internet criminel", l’article a été publié dans l’édition du 27 avril de l’hebdomadaire Marianne et repris sur le site du média la semaine suivante [1].

On note aussi un manque d’objectivité assez flagrant. Prenons les sources citées dans l’article :
- Paul, 14 ans
- Nicolas Christin, chercheur à l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh (NON RENCONTRÉ, citation d’un article)
- Paulo, un trafiquant d’armes

Nous notons l’absence de sources claires (rapports, décisions de justice, etc.) quant aux chiffres avancés.

Nous remarquons donc que mis à part le môme de 14 ans, vos sources sont soit inexistantes, soit d’un seul côté, celui de la police. Or, des hackerspaces ont pignon sur rue un peu partout en France et certains ont même le statut d’association.

Cependant, la charte d’éthique professionnelle des journalistes, mise à jour en 2011, précise : « Un journaliste digne de ce nom tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non-vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles » [4]

En ce sens, donc, nous pensons que vous n’avez pas fait honnêtement votre travail en omettant une partie des sources qui vous auraient permis de mener à bien votre recherche d’informations et que vous n’avez pas respecté le devoir d’objectivité qui constitue pourtant une des bases du métier.

Le résultat ? un article survendeur qui fait l’apologie du "bon internet" face au "deep web" repaire de mauvaises mœurs via TOR. Comme le précise Bluetouff dans son article sur Reflets [2] "l’auteur, non content d’aborder l’usage d’une technologie par nature duale sous l’angle « tous des criminels », a carrément le culot de stigmatiser les concepts de chiffrement (et non de cryptage... encore une approximation technique de l’auteur) et d’anonymisation sur Internet pour leur prêter des intentions forcément criminelles. C’est au bas mot stupide."

Un précédent : Or, ce n’était pas la première fois qu’Amaury s’illustrait en parlant du Ouaibe puisque il s’était déjà illustré dans le numéro 832 de Marianne dans lequel il distille ses bons conseils pour éviter certains désagréments liés à internet et à la « cyberinsécurité » qui « frappe partout ». Ayez peur, braves gens. "Conséquence : de l’embrouille pour le lecteur, amplifiée par la rhétorique fantasmatique de la cyberguerre dont l’auteur use et abuse pour le bien du storytelling, nourrissant d’autant plus l’incompréhension," souligne KheOps sur son blog [3], billet dans lequel il corrige presque chaque phrase du journaliste, précisant que le ton était déjà à l’époque, anxiogène.

[1] Plongée dans l’Internet criminel
[2] @Marianne2fr, TOR, le poids des mots, le choc des pixels : plongée dans le journalisme à la con
[3] Marianne, « Surfez couverts » : joli record de désinformation à propos d’internet
[4] Charte d’éthique professionnelle des journalistes