Ville de Troyes - François Baroin

La ville de Troyes, et son maire François Baroin, futur ex-ministre de l’intérieur, pour sa politique discrète de nettoyage du centre ville par voie de "requalification urbaine" et de vidéosurveillance.

Sous la férule de François Baroin, maire depuis 1995 mais aussi député et Ministre de l’Outre mer, Troyes est, en douceur, devenue une des championnes de la "requalification urbaine". Tout le centre ville a été rénové certes, mais aussi soigneusement requalifié et est actuellement mis sous vidéosurveillance afin d’achever d’en éloigner ces indésirables qui n’ont plus lieu de stationner dans une ville qui se rêve capitale de l’UMP et classée au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Enclenché en 1999, le projet de requalification urbaine (voir sur le site de Troyes) s’annonce " global " et " urbain " et se définit comme " un projet d’intentions ayant pour objectif de revaloriser les espaces publics dans le cadre d’une démarche globale ". Une étude a été confiée au cher Jean-Michel Wilmotte et a débouché sur une impressionnante série de requalifications : Quartier St Urbain, Saint Nizier, Vauluisant, Parking sous la place de la Libération, et Place Jean Jaurès. Pour celle-ci il est question de "restituer la vocation initiale de l’endroit, àsavoir celle d’un lieu de vie, de commerce et d’échanges". En d’autres termes, la requalification est une opération de nettoyage de ces espaces urbains privilégiés, réservés àceux qui consomment.

C’est, comme l’a fort bien démontré le sociologue Jean Pierre Garnier, « le remodelage physique de l’espace construit àdes fins plus ou moins explicites de défense sociale contre un nouvel ennemi intérieur : non plus le “subversif †qui voudrait, comme le passé, renverser l’ordre social [...] mais le “mauvais pauvre†, celui qui, d’une manière ou d’une autre, vient troubler l’ordre public, ne serait-ce que par sa seule présence, comme dans le cas des mendiants ou des sans-logis  ».

Le cout de cet ensemble de projets troyens est énorme, et la ville a beau déporter ses dettes sur la communauté d’agglomération (CAT), elle est de plus en plus endettée. Sans compter les erreurs techniques, comme celle de la soi disant technique de pose de pavés "àla parisienne" qui fait remonter le goudron sur les pavés de la Place Jean Jaurès.

En décembre 2006, Troyes a fièrement inaugurée la première des 14 caméras qui vont surveiller le quartier piétonnier. Jacky MORIN, adjoint chargé de la sécurité àla mairie de Troyes, a légitimé cet investissement par le fait que « 14% de la délinquance sur la zone police vient du bouchon de Champagne  » (grosso modo le centre ville touristique et la rue des restaurants). Il ne dit rien des 86% restant...
Ce sont des caméras domes dernier cri, sans doute équipées de zooms puissants. Il semble que le dispositif ne prévoit pas d’observateurs humains au PC de surveillance, mais plutot un système de traitement et de détection de situations suspectes. Système dont l’efficacité est bien loin d’être prouvée, voire contestée par les poids lourds de la surveillance.

Dans l’Observateur de l’Aube, Xavier Morin annonce que les 14 caméras feront l’objet d’un bilan, avant le lancement d ’une seconde tranche. Il affirme qu’elles contribueront àla prévention des incivilités et des délits.
Le blog troyen auboisementcorrect.com se pose des questions : pourquoi dépenser 350 000 euros pour 14 caméras qui ne vont que déplacer le problème vers des lieux non surveillés, et même pas tranquilliser le centre de Troyes, puisque c’est bien connu, elles n’empêchent jamais la commission des délits.

François Baroin, maire de Troyes et Ministre de l’Outre mer, a bien travaillé et mérité des prosélytes de la tolérance zéro. Rien d’étonnant àce qu’il soit amené à...remplacer, dans quelques semaines et pour quelques mois, l’actuel ministre de l’intérieur lorsque lui-même endossera son costume de candidat àla présidence.