Bravo à Lacombe Lucien, le webmaster du site internet du nouveau "Ministère du civisme et de la délation". Lancé le 10 mai, ce portail flambant neuf propose de « remettre la France sur les rails en signalant tout comportement suspect ». En toute simplicité, un formulaire permet de décrire l’auteur de la délation (voisin, collègue, ex-femme,...) et ses méfaits, au choix : « A des gènes de gauchiste ; Prend les transports en commun ; Ne regarde pas TF1 (ni M6) ; N’a pas de chien ; A des amis qui lui prêtent leur yacht pour les vacances ; N’écoute pas Johnny Hallyday ; Est "bizarre" ; Lit des livres ; A des amis étrangers (dont des noirs) ; Ne croit pas au plein emploi d’ici 5 ans »
Fidèle à son mot d’ordre (« Pour une France plus efficace, nous simplifions vos démarches »), le site www.delation-gouv.fr propose aussi aux délateurs d’œuvrer par téléphone : « Vous souhaitez dénoncer votre voisin ou voisine ? Tapez 1. Un membre de votre famille ? Tapez 2. Notre président ? Tapez la racine carrée de 27 443. Enregistrez votre délation après le bip, puis appuyez sur la touche #. »
Le graphiste et l’informaticien (« qui se lèvent tôt ET se couchent tard ») à l’origine de cette "blague de potache" l’ont lancée dans la nuit du 10 mai, deux jours seulement après en avoir eu l’idée. Le "buzz" est tel que vingt-quatre heures plus tard, delation-gouv.fr comptabilisait déjà 60 000 visites. En mars 2008, le compteur du nombre de dénonciations atteignait les 120.000.
Comparé à la tentative avortée à Toulon (cf le dossier Orwell Novlang de MM. Ghenassia et Cazenave), cette blague prête un peu moins à sourire.